LES DIX ROMANS

 
 
chapitre  1 /  EDITH WHARTON
En 1920, Édith Wharton se remet du décès de son grand ami Henry James, c’est à cette époque qu’ell a écrit le temps de l'innocence
 
Dans ce roman elle nous plonge dans la vieille New York, celle des années 1870. On y  suit le parcours de Newland Archer, héritier typique d’une haute bourgeoisie aisée à la fois frivole et rétractée sur ses valeurs. Il  hésite devant un choix de vie., soit se marier avec la jeune et belle May Welland , la femme idéale pure produit d'une Amérique puritaine bourgeoise et froide 
, ..  soit la comtesse Olenska  plus européenne plus aventurière, plus passionnée. 
 
La description des salons luxueux, des toilettes splendides des dames , de la vie oisive d'un New York inconnu, est étonnante.
A cette époque,  la 34e rue représentait  la limite d’une civilisation qui se limitait  au bas de Manhattan.
. C’est également une critique assez féroce d’une partie de la société américaine, et de sa logique clan… qui n'a  finalement pas beaucoup changé depuis 150 ans
 
 
Rien ne lui était plus agréable chez sa fiancée que la volonté de porter à la dernière limite ce principe fondamental de leur éducation à tous les deux. L'obligation rituelle d’ignorer ce qui est déplaisant



chapitre  2 / DOS PASSOS

En 1925 John Dos Passos publie Manhattan transfert, , un roman qui décrit le Manhattan du début du cinquième siècle, de nos jours, ce livre est reconnu comme l'une des vois les plus importantes de la littérature américaine.
 
Pourtant, la lecture de ce roman peut sembler difficile et certains lecteurs non avertis  renoncent en cours de lecture. C’est dommage car le style d’écriture et le sujet peuvent vous emporter si on s’y prend prudemment.
Ce livre se présente sous la forme de petits textes courts, qui s'emboîtent les uns dans les autres, et nous font découvrir de multiples fragments de vie qui défilent au gré des pages.
Pour aimer la lecture ce livre il ne faut pas essayer de s'attacher sur un ou plusieurs personnages, mais plutôt se laisser bercer par la foule comme si nous étions au milieu de tous ces migrants qui débarquent chaque jour plein d'un espoir fragile et s'accrochent à un bout de territoire.
Et comme eux, le lecteur voit progressivement  le rêve d'intégration s'évanouir, remplacé par les illusions perdues.
C'est une expérience littéraire, une expérience de vie qui ne laisse pas indemne



chapitre  3 / TRUMAN CAPOTE
TRuman capote a eu une vie familiale orageuse, ce frêle jeune homme publie de nouvelles dès l'âge de 19 ans.
 
Son style poétique qui foisonne de descriptions très précises, ses personnages attachants, sont vite appréciés du public, et  en 1944 huit il  publie  Les domaines hantés qui est d'emblée un succès littéraire. Truman Capote , observe et s’inspire des gens qu’il rencontre, et en 1958 il écrit un bref roman de 120 pages Petit déjeuner chez Tiffany, où l'on découvre une jeune femme anticonformiste et déroutante.  Holly est un petit écureuil asocial qui bondit dans la vie du narrateur avec ses lunettes noires et ses nombreux amants. Son image est définitivement associé à Audrey Hepburn qui en a fait une composition très attachante


chapitre  4 / HARLEM
HARLEM, la capitale noire du monde , elle est directement  liée à l’œuvre de certains écrivains qui y ont vécu, et avec elle,  ont enrichi et embelli la littérature américaine. Arrêtons nous sur deux de ces  voix noires.
 Ralph Ellison est l'auteur d'un seul roman
Homme invisible pour qui chantes tu ?, Publié en 1952 il a d’emblée été considéré comme un des grands romans américains.
 L'homme invisible, c'est l'homme noir qui ne parvient pas à trouver sa place dans la société américaine, celui que l'on ne peut pas voir, celui qui ne compte pas.
Le héros narrateur est un jeune noir du sud des États-Unis dont on ne connaît ni le nom ni l'apparence, et qui subit à Harlem une succession d'épreuves, depuis son entrée à l'université, jusqu'à son intégration dans les milieux activistes noirs, en passant par de nombreux petits boulots qu'on lui propose à New York.
 
Je mordis une bouchée; je la trouvai aussi sucrée et chaude que les meilleures ignames de mon enfance; et une vague de mal du pays s'abattit sur moi avec une telle force que je dus me détourner pour me maîtriser. Je marchai sans but en mâchonnant mon igname, débordant d'un profond sentiments de liberté, tout aussi soudain, simplement parce que je mangeais en déambulant dans la rue. Cela m'emportait dans un tourbillon de joie.
 
Son parcours est une suite de situations absurdes décrites avec un style et un humour très particulier. Il a l'illusion à chaque fois de pouvoir participer à l'évolution de la société américaine, mais redevient à la fin l'homme invisible qu'il a toujours été. Personnage brillant, orateur de talent, charismatique, il se rend progressivement compte qu'aucunes de ses dispositions, qu'aucun de ses talents, ne sera jamais jugé à sa vraie mesure tant lui-même est invisible dans un pays qui lui refuse sa place. Le Noir est translucide malgré lui.
 Ralph Ellison est mort en 1994. Il travaillait à son second livre.

James BALDWIN Cet intellectuel, plus brillant comme essayiste que comme romancier s’est investi dans le but de refaire le monde. Il a réfléchi à ce qu’est un homme noir.   « Que veulent les noirs ?, il m’est arrivé d’entendre des questions stupides, mais celle là est certainement la plus stupide. »
 Il n’y a aucune accusation chez lui , il y a la colère, il nous parle de son expérience intime, il décrit les choses que l’on ne veut pas voir, celles qui sont insignifiantes pour la majorité mais deviennent une aventure si vous faites partie d’une minorité. Par exemple être le seul noir ou le seul gay dans une rame de métro. Il clame que, en déniant l’identité des noirs, les blancs dénient leur propre identité, car celle ci est toujours en miroir.
« Tu seras détruit le jour ou tu croiras vraiment être ce que les blancs appellent un nègre. Saches d’ou tu viens et tu n’auras plus de limite, et tu sauras ou aller.
 En 1953, son premier roman La conversion (Go tell in the montain) est partiellement autobiographique. Baldwin nous y parle de son enfance, période ou il va entrer en religion comme plus tard il entrera en littérature. Fasciné par le rituel religieux, il le rejettera ensuite, révulsé par son mensonge.
C’est dans Harlem quartet  qu’il mérite surtout son surnom de Henry James de Harlem.
 Baldwin est à mi chemin entre Malcom X et Martin  Luther King, sa connaissance des deux lui permet de faire le lien entre l’intégrationisme et le nationalisme noir. Clairement tiers-mondiste et anti guerre, il va ensuite fuir les Etats Unis et se réfugier en France comme Richard Whrigt
 Dans la culpabilité d’avoir abandonné ses frères il va écrire en  1953
 La chambre de Giovanni Ou il aborde le sujet de l’homosexualité. James Baldwin va décéder en 1987 à St Paul de Vence, depuis, il ne cesse d’être réactualisé tant son témoignage reste présent dans la pensée moderne et l’histoire du monde.
 
 Ce que nous disent Baldwin et Elllison sur la place que l’on laisse à l’autre et les conséquences sur notre propre identité sont plus que jamais d’actualité
 
 Et nous aider à faire un monde meilleur


chapitre  5  /LES ECRIVAINS DU  11 SEPTEMBRE
Donald Richard De Lillo P0 est né dans le Bronx en 1936 de parents émigrés italiens originaires des Abruzzes  c’est un des écrivains américains les plus influents et les plus commentés1.
C’est aussi l’écrivain des foules, celui du mouvement des villes. Comme pour Dos Passos ses romans ne suivent pas un récit précis, ils nous baigne dans une atmosphère ou l’on croise des personnages. Témoin de l’histoire de son époque De Lillo nous plonge dans une multitude de petits ou grands événements comme si nous y participions
Il a publié une quinzaine de romans dont
 
Outre monde est certainement un de ses romans les plus prestigieux, il couvre 40 d'histoire des USA. C’est en suivant le parcours d'une balle de baseball, issue d’ un légendaire match disputé à New York en 1951, qu’on découvre les destins croisés des personnages du roman. on est happé par la maitrise du récit, littéralement pris dans une vague de mots, d'histoires. 


chapitre  6 / PAUL AUSTER


chapitre  7   /  
HUBERT SELBY LE SOLEIL NOIR DE LA LITTERATURE
 
 Hubert Selby fait peur.
 A juste titre  car il a écrit des œuvres sombres et difficiles, à ne pas mettre en toutes les mains.
Né à Brooklyn en  1928, et mort à L.A en 2004, il a été décrit comme le soleil noir de la littérature américaine. A 16 ans, il s’engage dans la marine marchande, et aurait pu devenir  un  nouveau Jack London, mais le sort en a décidé autrement, il contracte la tuberculose, on ne lui donnera plus que trois mois à vivre, il est hospitalisé pendant 4 ans. Et après de multiples opérations chirurgicales, il reste mutilé, insuffisant respiratoire et morphinomane.
Sa santé ne lui permettant plus aucun travail physique, il est donc obligé de se mettre à écrire pour vivre.
Selby vit dans les bas fonds de Manhattan, alcoolique, héroïnomane, tuberculeux, il cumule tous les attributs de l’écrivain maudit…il va mettre  7 ans à écrire un recueil de nouvelles sur l’extrême violence qui l’entoure, Last exit to Brooklyn qui sera publié à 3 millions d’exemplaires, il récidive avec 2  romans  le Démon en 76 puis Retour à Brooklyn en 1978. Ses deux œuvres sur Brooklyn donneront lieu à des films à succès. Mais cette audience ne donnera pas à Selby  la reconnaissance  des milieux littéraires, et même après la publication de Le saule en 98,  il restera un écrivain pauvre et isolé.
Voilà pour la partie la plus connue du personnage.
 
Mais derrière le monstre  il y a un homme fragile travailleur, qui, sans aucune syntaxe au début apprend peu à peu  avec l’énergie des grands écrivains à mettre en forme son œuvre (sa comédie humaine à lui c’est le sous monde newyorkais). Son style a tété comparé à celui de Ferdinand Céline,  sans le renier il préfère lui,  parler de Beethoven.
Terrifié par sa propre écriture, il va, peu à peu apprivoiser la rage  qui en était le moteur, et arrêter de résister pour se glisser à l’intérieur de ses personnages et voir le monde à travers leurs yeux. La littérature de Selby reste sombre du premier au dernier roman, certes, mais elle évolue, alors qu’il  décrivait le mal sous tous ses angles, il essaie, à la fin, de parler de la solution et des moyens d’y parvenir.
 
 
 
 
LE  DEMON
 
Harry White est jeune beau, élégant, il réussit en affaires. Vice-président d’une société importante, entouré par sa famille, il a une belle maison, des relations, une carte du Country Club. C’est le représentant parfait de l’Américan Dream. Nous ne sommes plus ici dans les bas fonds de Brooklyn, nous sommes dans la classe aisée américaine. L’aisance de Harry White, son assurance font envie. C’est un séducteur, il aime les femmes, si possible mariées pour ne pas s’y attacher. Le refus de Harry de fonder une famille égratigne l’image idéalisée, mais heureusement les inquiétudes du lecteur vont pouvoir s’estomper dès ce premier acte.
Mais l’addiction de Harry pour le sexe persiste, et va, dans le deuxième acte,  lui faire franchir  le seuil tout d’abord de la honte, au risque de perdre son statut social, puis celui du mal au risque de se perdre lui même.
Dans le troisième et dernier acte, Selby va encore plus loin, et le bon père de famille va glacer le sang des lecteurs, en devenant un Frankenstein dont le sort dorénavant ne peut plus être discuté par personne, même par lui.
Le Démon est certainement le roman le plus abouti de H Selby. Considéré par beaucoup comme un chef d’œuvre, c’est un véritable opéra en trois actes. 
La tension grandit peu à peu  pour atteindre son apothéose avec une fin digne de Don Giovanni.
La question lancinante, lors de la lecture des deux premières parties, est comment un Harry, ayant tout ce que la plupart désire avoir, peut prendre le risque de tout perdre à cause de son addiction. Selby nous parle en fait de toxicomanie et de dépendance, et de ce gouffre  qui existe en chacun de nous, un sujet qu’il connaît bien,  peu compatible avec toute logique de préservation.
En lisant  le Démon, on songe au roman de JL Stevenson, Harry est un magnifique Dr Jekyl, et comme le dit Nabokov à son propos : « il ne se transforme pas réellement en Hyde, mais dégage un concentré de mal à l’état pur qui devient Hyde, c’est un mal qui l’habitait déjà, plutôt qu’une métamorphose. » Ce mal, niché dans la bourgeoisie Victorienne pour Stevenson, est également présent dans la Upper class américaine pour Selby. Les lecteurs américains l’ont bien perçu. Épouvantés, ils ont immédiatement rejeté ce roman à sa parution, car ils ont compris que Harry était bien un des leurs. Il n’est plus question comme dans les romans précédents de violence des bas quartiers, de junkies et d‘exclus de la société ; ici il est question du Démon qui habite chacun d’entre eux, chacun d’entre nous.
 
 
 
 
 
LE SAULE
 
Pour son grand retour à la littérature après quasiment deux décennies d'absence, Hubert Selby Jr parvient à fâcher tout le monde. Il n'avait manifestement que faire ni du confort d'un lectorat européen qui l'adule pour son audace, ni de celui de ses détracteurs qui s’en effraient. Les premiers se sentent trahis et lui reprochent une fin trop angélique. À l’inverse, les lecteurs qui n’acceptent pas la violence vont lui reprocher la première partie.
 
 Effectivement, tourner les premières pages de ce roman équivaut à plonger par surprise dans un gouffre tapissé des monstres les plus effrayants, et cette descente aux enfers rappelle les premiers textes de Selby. 
Le cadre tout d’abord, le monde des exclus, ici les quartiers pauvres du Bronx. Bobby est un adolescent noir qui vit avec sa mère, et Maria, sa « fiancée », une jeune fille d'origine hispanique. 
La violence, ensuite, avec l’agression effroyable que subissent Bobby et Maria dès  le début du roman, écrite dans un style époustouflant.
Enfin, la syntaxe, typique de ses premières œuvres, qui revient ici au premier plan, avec l’utilisation incessante de répétitions, d’argot et de ponctuation fébrile (salves de points d’interrogation, points de suspension). Les pages du roman où s’expriment la vélocité et la cruauté du jeune Bobby, aveuglé par son désir de vengeance sont parmi les plus belles.
 
Puis le roman évolue avec l’apparition d’un clochard mystérieux, Moishe, survivant des camps de concentration, qui vit reclus dans un squat luxueux et parle lui d’une alternative à la violence montrant à Bobby la possibilité d’une évolution.
 
 
On peut suivre dans ce roman le propre parcours de Selby, qui dans sa vie est passé d’un Bobby survivant magnifique  dans un monde sans issue à un Moishe qui incarne la mémoire, et parle de pardon et de  rédemption.
 
 
 

 
 
 



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